Action-Gardien contre la loi 78

Communiqué pour diffusion immédiate.

Refusons la loi de l’intimidation et de la négation de nos droits !

Montréal, le 18 mai 2012 – Action-Gardien, la Table de concertation communautaire de Pointe-Saint-Charles, dénonce le recours à la loi spéciale 78 déposée par le gouvernement du Québec qui constitue une tentative sans précédent d’intimidation des mouvements
sociaux et une négation de nos droits fondamentaux.

Dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, comme ailleurs, des gains sociaux tangibles ont été obtenus à travers la mobilisation citoyenne dans de nombreuses luttes collectives. Depuis plus de 40 ans, les organismes communautaires se sont engagés avec les citoyennes et citoyens de la Pointe dans l’amélioration des conditions de vie et la transformation des réalités sociales d’une population trop souvent exclue de la richesse et dont le sort pèse peu dans les décisions des gouvernements.

Pour que le quartier de Pointe-Saint-Charles continue de se développer en réponse aux besoins locaux, il est fondamental que ses citoyens et citoyennes puissent s’associer, s’organiser, manifester et déranger quand c’est nécessaire, parce que c’est nécessaire.
C’est notre seul pouvoir et notre recours pour faire entendre notre voix. La prise de parole collective et publique, par des moyens originaux qui peuvent déranger l’ordre établi, a toujours fait partie des moyens d’expression de notre collectivité.

Même la loi la plus répressive n’enlèvera jamais leur légitimité à des causes et des actions visant la justice sociale. En tant que regroupement d’organismes communautaires, nous n’abdiquerons pas nos droits fondamentaux et notre liberté d’expression, d’association et de manifestation dans notre recherche du bien commun. Nous n’accepterons pas non plus que les citoyens et les mouvements sociaux soient livrés aux forces répressives et à l’arbitraire policier.

Action-Gardien partage l’analyse des organismes sociaux et des individus et qui affirment que le recours à la loi 78 constitue :

- L’absence d’une volonté politique d’instaurer un véritable dialogue avec un groupe
important de la société.
- Une restriction du droit de manifester et un déni de nos droits
- Le recours abusif aux tribunaux pour le règlement d'une crise politique et sociale
- Une utilisation aberrante des concepts de paix sociale et de droits, une simplification
outrancière des enjeux qui insulte l’intelligence.
- La responsabilisation pour des associations d'actes commis par autrui
- Une délégation de pouvoir à l'arbitraire policier, dont ce n'est pas le rôle de dénouer
une crise sociale et politique; un glissement de l'État de droit vers l'Etat policier

La table de concertation communautaire Action Gardien a fait siennes les revendications étudiantes entourant le droit à l’éducation. Aujourd’hui, au-delà de l’enjeu des frais de scolarité, elle est, comme l'ensemble de la population du Québec, pleinement et directement concernée par la défense des droits d’expression, d’association et de manifestation. En conséquence, nous demandons à nos élus de voter contre ce projet de loi qui bafoue nos droits.

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Source : Action-Gardien - 514-509-0795 / Cell : 514-441-7989
Karine Triollet ou Leila Brener