Faire des affaires en prison

Agence de presse libre de la Pointe - 15 octobre 2009. Malgré qu'il soit incarcéré depuis l'Opération Printemps 2001, l'ancien "maître du port de Montréal" Gerald Matticks continue de faire des affaires à Pointe-Saint-Charles. M. Matticks a plaidé coupable à des chefs d'accusation d'importation de drogue et à été condamné en 2002 à 12 ans de prison.

M. Matticks était en effet encore propriétaire des terrains et bâtiments situés aux 2125 et 2135 Rue Augustin-Cantin à Pointe-Saint-Charles, où étaient érigés deux gros garages qui abritèrent son ancienne entreprise de camionnage.

Il a du déclarer faillite en 2007 alors que l'État du Québec lui réclame plus de 2 millions de dollars.

Son syndic de faillite a donc vendu les deux propriétés le 22 décembre 2008 à la compagnie immobilière MonDev (9104-2523 QUÉBEC INC.), appartenant au promoteur immobilier David Owen. Ce dernier promoteur n'a pas bonne réputation à St-Henri où il a eu des démêlées avec des citoyens et l'arrondissement pour des travaux qui n'étaient pas dans les normes.

Les deux immeubles étaient évalués à 487 600$ selon le rôle d'évaluation foncière 2007 de la Ville de Montréal. Ils ont été vendus 520 000$. Matticks pourra donc rembourser 520 000$ de sa dette en attendant un troisième examen pour sa libération conditionnelle dans neuf mois. Lui qui était connu comme le "Robin des bois du Sud-Ouest" pour sa "générosité" à l'égard des pauvres doit maintenant penser à sa petite retraite...

Des condos, des condos, des condos...

La compagnie MonDev est en train de construire 29 unités de condominium sur le site depuis le mois de juillet 2009. Des unités qui se vendront entre 155 000$ et 250 000$ pour 1 ou 2 chambres. La plus petite unité sera de 743 pieds carrés, pour 158 000$, soit une cage à lapin, mais "de luxe".

Le promoteur a eu l'audace d'appeler son projet La Vue du Canal, ce qui ne manque pas d'ironie: les bâtiments tournent le dos au Canal, ne sont pas sur les rives et, au mieux, les habitantEs du 3e étage verront peut-être un peu d'eau en s'étirant le cou pour voir au-dessus du bâtiment de trois étages industrielles qui se trouve sur les rives du canal.


Achèteriez-vous un terrier à lapin de 750 pieds carrés sur deux étages (sous-sol et rez-de-chaussée), équivalent d'un 3 pièces, pour 159 000$ plus les taxes, les frais de condos et le reste? Vous n'aurez pas de cour et certainement pas de vue sur le Canal-de-Lachine...


N'importe quoi pour attirer le petit-bourgeois bohème...

M.S.
Agence de presse libre de la Pointe

Plus d'info...

Une biographie de Gerald Matticks

Gerald Matticks denied parole a second time (The Gazette, 15 octobre 2009)

Matticks denied parole - again (The Gazette, 16 octobre 2009)