Assemblée électorale. Comme des anguilles dans l'eau bouillante

Agence de presse libre de la Pointe – 23 octobre 2009. Mardi dernier, dans une campagne électorale où les odeurs de scandale ne cessent de s’accumuler, se tenait une assemblée publique avec les candidatEs de Pointe-Saint-Charles aux élections municipales. Huit d’entre eux et elles ont répondu à l’invitation de la table de concertation Action-Gardien et du Comité des sans-emploi/Welfare Rights Comittee a venir débattre de leurs priorités pour le quartier.


Une belle brochette de petits et moyens légumes qui devaient passer au grill et qui n’aura finalement été cuite qu'à la vapeur. De gauche à droite : les animateur-trice: Karine Triollet (Action-Gardien) et Jean Lalande (Welfare Rights Comittee); Émilie Bordat, candidate indépendante au poste de conseillère d’arrondissement; Nicole Boudreau, candidate à la mairie d’arrondissement pour Union Montréal; Benoit Dorais (candidat à la mairie d’arrondissement), Véronique Fournier (candidate comme conseillère de ville) et Paul-Émile Rioux (candidat au poste de conseiller d’arrondissement) pour Vision Montréal; Mudi Wa Mbuji Kabeya Liévin (candidat à la mairie d’arrondissement), Sophie Thiébaut (candidate au poste de conseillère d’arrondissement) et Steeve Lemay (candidat comme conseiller de ville) pour Projet Montréal.)


Tous les partis ont envoyé des représentantEs, mais l’équipe d’Union Montréal n’était pas complète. En effet, le conseiller d’arrondissement Pierre Fréchette (maintenant candidat au poste de conseiller de ville – il cherche une promotion) ainsi que la candidate au poste de conseillère d’arrondissement Danielle Godbout n’ont pas jugé bon de se pointer. M. Fréchette – le seul élu d’Union Montréal qui se représente – n’a sûrement pas jugé utile de venir se faire remettre en pleine face le bilan mitigé (nous restons polis) de son administration.

Autre absence notable, celle de Line Hamel, actuelle conseillère d’arrondissement pour Vision Montréal, qui se présente maintenant comme indépendante au poste de mairesse de l’arrondissement. Mme Hamel, qui sollicite un second mandat, s’est fait montrer la porte de Vision Montréal à l’aube de la présente campagne, notamment parce que son père et organisateur politique, Michel Hamel, est présentement en procès concernant des allégations de trafic d'influence (voir Hamel démissionne de Vision Montréal et Le dossier de Michel Hamel refait surface.)


Une centaine de résidents et de résidentes du quartier sont venuEs entendre les candidatEs et leur poser des questions concernant leurs priorités pour le quartier.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est d’accord

Les candidatEs ont d’abord été invitéEs à se présenter et à énumérer leurs priorités. Nous ne fûmes nullement surpris de constater que tous et toutes se disent « proches du quartier » et « présentEs depuis longtemps dans l’arrondissement. » C’est tout à leur honneur, mais il est quelque peu étonnant de constater que, malgré ce plaidoyer unanime, toutes les candidates et tous les candidats n’ont pas été capable de nous blablater autre chose que des généralités quant à leurs priorités.

Ainsi, il est clair que tous et toutes ont lu avec attention les divers documents d’analyse et de revendication écrits par les groupes communautaires membres d’Action-Gardien. A les entendre, ils et elles sont tous et toutes prêtEs à mettre en œuvre les revendications citoyennes. De la demande d’avoir 40% de logements sociaux et communautaires sur le futur site résidentiel des « Terrains du CN » en passant par la revitalisation de la rue Centre et l’augmentation du ratio des parcs et espaces verts, en entendant les candidatEs ont aurait pu croire qu’ils et elles lisaient le dernier mémoire d’Action-Gardien déposé devant l’Office de consultation publique de Montréal.

Cherchant ainsi à bien paraître, quelques-unEs sont alléEs jusqu’à faire des promesses solennelles (notamment aux aînéEs, une « clientèle » sollicitée) quant au transport adapté et quant aux espaces verts. Par exemple Mme Boudreau d’Union Montréal (ancienne adjointe de la mairesse d’arrondissement) est allé dire que son « équipe » allait régulariser le statut de certains espaces verts aménagés par des résidentEs (incluant le Jardin de la liberté de la Pointe libertaire – veuillez noter qu’on ne lui a jamais rien demandé.) Pourtant, depuis quatre ans son ancienne patronne Jacqueline Montpetit n’a jamais été capable de faire quoi que ce soit pour améliorer les espaces verts de la Pointe; elle argumentait toujours que l’argent manquait. Mme Boudreau va sûrement réussir là où sa patronne a échoué…

Finalement les candidatEs, malgré les différents partis, semblaient tous et toutes dire la même chose: on veut vot' bien! Votez pour moi! Pis on va l'avoir! Comme le disait Richard Desjardins dans un spectacle au début des années 1990, "maintenant qu'on vie en démocratie, 'ne reste plus qu'à avoir le choix quand on va voter."


Une caricature de Berthio

Une foule tranquille


La centaine de personnes dans la salle n'a pas vraiment montré son sentiment vis-à-vis des candidatEs. Même que le début de l'assemblée s'est déroulée dans un silence, disons, lourd de signification. Les questions du public étaient précises mais polies, et personne n'a réclamé de précisions face aux réponses générales qui n'avaient pas vraiment de substance. La foule n'a pas applaudi, sauf à deux ou trois reprises lorsque la candidate indépendante Émilie Bordat a fait preuve d'esprit. Mme Bordat semblait la plus humaine, celle qui n'a pas encore intégré la langue de bois; une simple citoyenne, préoccupée par son milieu de vie et par les dossiers en provenance des citoyenNEs qui s'accumulent sur le bureau de la mairie. C'est autant par sympathie envers son courage que par dérision envers les politicienNEs professionnelLEs que Mme Bordat fut applaudie...

Unanimement aussi, les candidats et candidates ont repris sous une forme ou une autre le thème de la participation citoyenne. Ils et elles ont probablement senti dans leur milieu respectif la désaffection et la frustration qui courent chez les résidentEs face aux éluEs et à la bureaucratie administrative. Mais absence significative, le mot démocratie n’a jamais été prononcé une seule fois. Voilà bien le drame, car la participation sans démocratie, c’est tout comme les GO (gentils organisateurs) d'un club MED.

En somme, pas très convaincant pour aller voter.

M.S.
Agence de presse libre de la Pointe