Paola Ortiz bel et bien déportée

Paola Ortiz, cette femme qui a fuit le Mexique pour se soustraire à la violence de son conjoint, officier de la police fédérale, et qui a reconstruit une famille ici (1), a finalement été déportée par l'État canadien ce matin, vendredi le 23 septembre 2011, selon ce que rapporte Radio-Canada (2).

Quelle honte! Cet événement est aussi scandaleux que tragique. Madame Ortiz laisse ici son conjoint et ses deux enfants, qui eux jouissent de la citoyenneté canadienne. Solidarité Sans Frontière (SSF), qui a coordonné la lutte pour lui permettre de rester en sol canadien, devrait, j'imagine, publier un communiqué sous peu. Attendons donc la suite des choses pour voir s'il y a toujours quelque chose qu'on puisse faire et espérons que Paola sera en mesure d'éviter son ex là-bas...

Pourquoi?

Souvent, les gens sont scandalisés (et à juste raison) par ce genre de barbarie, mais ils en attribuent la cause à une erreur de jugement ou à une pomme pourrie dans le système. Ça fait plusieurs fois déjà que la Pointe Libertaire donne son appui à des personnes du quartier menacées d'expulsion et à chaque fois, la décision des institutions est aussi inhumaine.

Il faut bien comprendre. Ces événements ne découlent pas d'erreurs ou de mauvaises décisions; ils sont la conséquences de la nature même de l'idéologie du système, une idéologie qui n'a que peu à faire du bien-être humain, en particulier ou en général. Ce qui est important pour le système, c'est que l'ordre qui permet à une minorité de s'enrichir et de dominer la vie du reste de l'humanité se maintienne. Le reste n'a aucune importance.

Il ne faut pas faire l'erreur de croire en la "démocratie" canadienne. Bien sûr, on vit beaucoup mieux au Canada que dans la majorité des pays du monde, moins de misère, moins de violence, droits légaux et politiques, etc... Pourtant, tout ça peut voler en éclat du jour au lendemain si jamais le régime juge nécessaire de le faire pour se maintenir. Il y a quarante ans, l'État fédéral déployait l'armée dans les rues et la police arrêtait des centaines de personnes, sans raison aucune, sous prétexte qu'un ministre avait été enlevé. On ne remonte pas au Moyen-Âge; plusieurs d'entre nous ont vécu ces événements. C'est sans doute l'exemple le plus extrême de l'histoire récente, mais la déportation de Paola Ortiz en est un autre, un de plus, moins étendu, mais bien réel quand même. Comme les personnes qui ont été arrêtées pendant la Crise d'octobre, comme toutes les autres qui ont subi l'oppression de la "démocratie" canadienne, elle fait les frais de l'inhumanité fondamentale de ce régime, un régime qu'il va bien nous falloir abolir un jour ou l'autre.

Par Pascal Lebrun
Pour l'Agence de presse libre de Pointe-Saint-Charles